Home Accueil

Chronique d'une JF célibataire - Chapitre 10

Insolite_rugby


Le soir même, sur mon 31 (il faut ce qu'il faut quand, potentiellement, on va croiser du beau mâle même si ce n'est pas le but au départ), je me rendais seule devant la boîte. Me retrouvant qu'avec des minettes, j'ai finalement téléphoné aux copines.

Après tout, même si certaines étaient casées, ce n'était pas une raison pour ne pas en profiter. Quoi ? On regarde et on touche pas, on a le droit. Quand enfin on pu entrer, d'un seul homme (ou femme devrais-je dire), nous prîmes la direction du bar. Martini commandés, il ne nous restait plus qu'à patienter.

 

Je n'avais pas tellement l'habitude de ce genre de soirée et j'eus du mal à ne pas me sentir totalement ridicule. Désespérément célibataire, incapable de se caser pour 3 jours, j'ajoutais mon envie de mater du mâle à cette liste pathétique. Pour ne pas céder à la déprime et à l'envie irrésistible de prendre mes jambes à mon cou, je focalisais toute mon attention sur la discussion de mes amies casées, elles. Ca parlait week-end à 2, crises et réconciliations sur l'oreiller, projets. De quoi vous donner envie de vous flinguer. Je m'attaquais à de l'alcool plus fort. Bourrée, je digérerais mieux les mièvreries.

La musique baissa enfin et le jeune mec que j'avais rencontré un peu plus tôt, vient faire un petit speech sur scène. Les filles commencèrent à crier, à scander "Le pompier ! Le pompier !".  J'allais lancer une remarque acerbe quand je me mis à réviser mon jugement suite à l'apparition dudit pompier. J'émis plutôt un "Ohhh !" que mes copines acquiescèrent. J'hésitais entre rire de ce spectacle ridicule de cet homme se dandinant et se caressant (si, si c'était ridicule) et me retenir de baver devant son corps de rêve. Finalement, je profitais de la vue en me tordant dans tous les sens pour mieux en prendre l'ampleur.

 

Le ton était donné et la soirée se poursuivit, enchaînant le défilé de mâles plus musclés les uns que les autres. Mes copines étaient déchaînées quand à moi, je n'arrivais pas à me laisser complètement aller. Je les quittais pour aller me rafraîchir aux toilettes qui se trouvaient situés tout à côté de l'accès aux vestiaires de ces messieurs. J'hésitais à y jeter un oeil. Par pur accident, la porte s'entrebâilla et ... Quoi ? Je suis pas crédible ? Vous voulez la vérité ? D'accord. La porte s'entrebâilla parce que je foutais ma main sur la poignée et l'abaissait. Je suis une faible femme, je sais. C'est pas beau de se rincer l'oeil, ça fait pervers, c'est très masculin comme comportement. Toujours est-il que je ne vis rien, la salle étant vide. Je soupirais et j'allais refermer quand, tout à coup, je sentis une main sur mon épaule. Je sursautais et me retournais.

 

"Vous cherchez quelque chose ?"

 

Oh ! Mais que vois-je ? Monsieur le pompier. Habillé. Normalement. Dommage, j'aurais encore profité du spectacle. Je réussis à bredouiller une phrase du genre : "Euh ... trompée ... porte ... toilettes ... pas là ... s'il vous plaît ?", en rougissant, me donnant un air parfaitement gourde. Naturellement, je me doutais qu'il n'avait pas gobé mon mensonge, mais il ne releva pas. Après tout il devait avoir l'habitude et puis si ça le gênait, il n'avait qu'à ne pas se foutre à poil devant une foule de femmes en manque d'hommes !

 

"C'est la porte juste à côté. Vous voyez, celle qui a le dessin et l'indication."

 

Et pan dans la figure ... "Je suis une pauvre fille ! Je suis une pauvre fille !" me martelais-je en me plantant devant la glace. J'attendis que mes joues retrouvent une couleur normale pour sortir. L'histoire avait du l'amuser. L'important était de filer le plus vite possible avant de me faire encore remarquer. Je poussais la porte et m'arrêtais nette. Il se tenait là où je l'avais quitté.

 

"Je vous attendais."

 

Je tournais la tête à droite et à gauche. Mais à qui parlait-il ? A moi ?

 

"Euh, vous m'attendiez ?"

 

"Je me demandais si ça vous plairait d'aller boire un verre avec moi ? Demain par exemple."

 

Hochement de tête. Mon dieu, je suis de pire en pire. On dirait une gamine. Parle ma fille, parle !

 

"Vous et moi ?" (non, le chat et la voisine ... Toujours réfléchir avant de sortir une réflexion stupide ...)

 

"Oui, si vous êtes d'accord, c'est l'idée que je m'en fais." me répondit-il en m'adressant un large sourire.

 

Je me retrouvais à noter son numéro et à lui laisser le mien sans trop comprendre comment tout ça c'était produit. Il disparut, me plantant là avec mes questions existentielles (Que veut-il ? Comment je m'habille demain ? Est-ce qu'il pourrait être l'homme de ma vie ? C'est un rêve ? Etc.). Mes amies m'attendaient, fidèles à leur place au bar. Devant mon air ahuri, elles m'interrogèrent et je leur racontais toute l'histoire en détail, mais agrémentée de ma vision, mon analyse, à laquelle s'ajouta la leur.

 

"A mon avis, il veut juste te sauter et après, tu dégages. En même temps, s'il est aussi bien au lit que beau, ça vaut le coup !"

 

"Tu sais ma chérie, tu peux aller prendre un verre, mais méfie-toi, beaucoup de femmes doivent lui courir après. Alors surtout ne t'emballe pas trop."

 

"Mais pourquoi tu es si rabat-joie, toi ?? Il m'a souri ! Il était charmant. S'il faut il a vraiment craquer."

 

Je les entendis soupirer. Soupirs laissant sous-entendre que j'étais définitivement un cas désespéré encrassé dans la naïveté la plus totale. Je ne comptais pas me laisser gâcher mon plaisir et, je fus soulagée de voir que la conversation dérivait sur un tout autre sujet.

 

Demain, j'avais un rencard et il était hors de question qu'à la fin de celui-ci je sois célibataire. J'allais tout faire pour, croyez-moi sur parole !



Rédactrice
Jessica  Giovagnoli

JessicaL'écriture, Jessica y est tombée dès son plus jeune âge. Commençant par inventer des tas d'histoires qu'elle enregistrait sur son magnétophone, elle s'est ensuite mise à les rédiger accumulant nombre de nouvelles. Adolescente, elle s'essaye à la musique et compose une centaine de textes. Parallèlement, elle démarche les magazines et devient pigiste à 16 ans pour un magazine musical. Quelques années plus tard, elle co-fonde un e-zine et y fait ses débuts en tant que rédactrice. Mais c'est à 22 ans que les choses évoluent puisqu'elle franchit un grand pas en se lançant dans l'écriture de son premier roman intitulé "About a Girl" dont elle choisit de publier chaque semaine une page sur son blog. Aujourd'hui, elle recherche un éditeur qui lui permettrait de voir son projet se concrétiser.
http://www.about-a-girl.com

 

 

 
cv
Casting
NewsLetter


Recevoir du HTML?


Copyright 2009 oustonlesmales.com. Tous droits réservés. Powered by Tymate. Design by Krealiz