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Chronique d'une JF célibataire - Chapitre 3



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Je me suis donc équipée de mes baskets (je vous avais dit que j'allais courser l'amour), pardon de mes talons aiguilles de 10 cm (soyons glamour) et je me suis lancée. Pas trop loin et pas trop fort pour éviter de me faire mal. Guerrière mais pas non plus kamikaze. Et puis il s'est imposé à mon esprit endormi une grande évidence : Par où commencer ? Parce que c'est bien beau la volonté mais je n'étais pas plus avancée...

J'ai repensé à mes copines et à leurs conseils que j'avais rejeté aussitôt annoncés il y a déjà quelques semaines. Après tout ... Pourquoi pas ? Ok, j'étais peu emballée par leurs idées borderline mais au point où j'en étais (comprenez par ça "totalement désespérée et inconsciente"), je n'avais plus rien à perdre. (Ma dignité ? Mon honneur ? Ma fierté ? Si ? Bon ...).

Copine numéro un, me disait de me remettre avec mon gentil ex. Vous savez ce que j'en pensais. C'est une solution de facilité. Ben oui. L'ex on le connait, pas besoin de le draguer ni de faire trop d'effets pour lui plaire. On l'a déjà apprivoisé, il est acquis. On sait comment il est et on évite les mauvaises surprises qui suivent les plaisir de la rencontre. On l'a fait craquer une fois, c'est dans la poche, du tout cuit. Et puis, que demande-t-on à un homme ? D'être rassurant, réconfortant, aimant, fidèle. Rien de plus. Comme un doudou. L'ex il est tout ça. Surtout quand c'est vous qui l'avez largué (il revient) et qu'il est gentil (critères 1,2,3, et 4 réunis). S'il peut aussi vous couvrir de cadeaux (ben quoi ?) ... c'est un plus non négligeable. Qu'on l'aime ou pas (ça viendra à force) au moins, on n'est pas seule.

 

En pleine phase de déprime, je ne suis certainement pas la seule a avoir cédé aux sirènes de la reprise d'homme. J'ai mis de côté toutes les raisons qui me poussaient à ne pas le recontacter et j'ai franchis le pas du 1er sms (oui, faut pas pousser l'humiliation jusqu'à téléphoner, la voix suppliante d'amour - et de sexe- ). Banal. Un "Comment vas-tu ?" qui peut engager la discussion et surtout tâter le terrain. S'il répond, c'est une porte entrouverte. Quelques secondes après, je recevais sa réponse. Soit c'est un rapide, soit c'est un no life aussi désespéré que je le suis.

" Bien, bien et toi ? Qu'est-ce que tu deviens ? "

J'attends. Je joue la détachée, la femme occupée. Je réponds et reste sobre, et surtout, évite le côté sentimental. Après dix minutes de conversation de 160 caractères, il ose la question : " Tu as quelqu'un en ce moment ? ". J'envoie un " Ca va, ça vient, rien de très fixe ". Et oui mon coeur, même si on se connaît, pas question que tu penses que c'est gagné !

" Je suis seul ... "

Voilà qui est intéressant. On se fixe un rendez-vous. Enfin je le fixe car, comme avant, il n'est pas capable de prendre une décision et me sort des "Comme tu veux" à la pelle. Boire un pot entre ami. Je ne lui donne pas trop d'espoir mais de mon côté, ça y est, je m'imagine en couple, changeant mon statut Facebook, dire au boulot : " Hier soir ? Mon homme m'a emmenée au resto." Je ne serais plus la célibataire du groupe. ENFIN ! L'ex est mieux que la javel pour faire partir cette étiquette.

 

Jour J, quelques minutes avant nos retrouvailles, j'essaie de me souvenir plus précisément de son visage (j'étais en soirée, un peu pompette quand je l'ai rencontré, embrassé, etc. etc. bref c'est flou). Il n'était pas spécialement beau, mais pas moche non plus. Le genre de mec que tu envisages mais pas celui sur lequel tu te retournes. Trop banal, trop gentil ... Mais nom de nom qu'est-ce que je fais là ?? J'ai subitement envie de prendre les jambes à mon cou quand je l'aperçois au coin de la rue. Bon. Si je courre vite, que je suis très (mais alors très) rapide, je pense que je peux ranger tout le bordel que j'ai étalé dans mon sac, payer ma consommation, me lever, zigzaguer entre les chaises et déguerpir dans le centre commercial d'en face. Là, je me perds dans la foule, je me dissimule derrière quelques rayons et je sors par une porte dérobée. Sauf que le temps que j'échafaude mon plan digne d'un film d'action, que mes peep-toe (qui me font mal) veuillent me porter, il est déjà assis face à moi avec un sourire " On était fait pour être ensemble, je l'ai toujours su " qui me fait flipper.

 

Ex : " Alors ... "

 

Moi : " Oui ... "

 

Ex : " Le boulot, euh ... ça va ? "

 

Moi : " La routine "

 

Ex : " Et ... Ca te plait ? "

 

Moi : " Ben c'est un boulot alimentaire, sans plus. "

 

Ex : " Ok "

 

Blanc. Bon. Passionnant.

 

Ex : " Il fait beau en ce moment. On ne croirait pas être en automne "

 

Moi : " Hum hum "

 

Blanc. Quel manque de conversation fracassant ! La pluie et le beau temps, le boulot, ... L'échange de banalité se poursuit. J'écoute d'une oreille et me concentre sur l'excuse la plus plausible pour le planter là le plus rapidement possible.

 

Ex : " Toujours su ... trop timide .... content de ton appel .... erreur de jugement ... pas prête ... pardonne .... futur maison ... enfants en vacances ... retraite dorée ... vie de rêve ... fait pour être ensemble toi et moi "

 

Hein ? Faudrait peut-être que je me reconnecte sur la discussion.

 

Ex : " Qu'en penses-tu ? " me lance-t-il tout joyeux ?

 

Apparemment il a quitté sa platitude pour un monologue amoureux.

 

Moi : " J'en pense que la seule erreur que j'ai jamais faite dans notre relation c'est d'être venue à ce pseudo rendez-vous ! J'aurais mieux fait de te laisser où tu étais ! Je m'étais débarrassée de toi et de tes mièvreries qui me filaient de l'eczéma alors qu'est-ce que je fous ici ? Non, mais sérieux, pourquoi je perds mon temps avec toi là ? "

 

Discrètement, j'enlève mes stilettos tout en finissant ma réflexion non silencieuse. Précaution prise pour ne pas me tordre la cheville. Je veux pouvoir me barrer vite fait sans qu'il puisse me rattraper. C'est donc pieds nus que je quitte la terrasse, sans un mot de plus, et commence à courir sous le regard ahuri des passants qui doivent me prendre pour une folle. Rien à foutre, je suis libre. LIBRE ! Haletante, j'entre dans une boutique quelques mètres plus loin et vérifie tel un agent en mission, que je n'ai pas été suivie. La vendeuse me détaille de la tête aux pieds. Je remets mes talons et mine de rien, j'entreprends le tour des rayons pour une séance shopping tout ce qu'il y a de plus naturelle. Un sac et deux robes plus tard, je suis ruinée mais remise. Ce conseil là, est définitivement rayé de ma liste de secours ! Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire à présent ? Je vous le demande !

 


Rédactrice
Jessica  Giovagnoli

JessicaL'écriture, Jessica y est tombée dès son plus jeune âge. Commençant par inventer des tas d'histoires qu'elle enregistrait sur son magnétophone, elle s'est ensuite mise à les rédiger accumulant nombre de nouvelles. Adolescente, elle s'essaye à la musique et compose une centaine de textes. Parallèlement, elle démarche les magazines et devient pigiste à 16 ans pour un magazine musical. Quelques années plus tard, elle co-fonde un e-zine et y fait ses débuts en tant que rédactrice. Mais c'est à 22 ans que les choses évoluent puisqu'elle franchit un grand pas en se lançant dans l'écriture de son premier roman intitulé "About a Girl" dont elle choisit de publier chaque semaine une page sur son blog. Aujourd'hui, elle recherche un éditeur qui lui permettrait de voir son projet se concrétiser.
http://about-a-girl.over-blog.com

 
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